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Une polémique diplomatique pendant les commémorations de la libération d’Auschwitz

Cérémonie de commémoration au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.

Cette semaine se tenait le 75ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. Un événement symbolise le devoir de mémoire que chaque pays doit entretenir. Or une guerre diplomatique, principalement entre Russie et Pologne, a entaché la célébration.  

Tout débute lors des préparatifs du forum sur l’holocauste à Jérusalem. Il se tient la semaine dernière, au mémorial de Yad Vashem, à l’approche des 75 ans de la libération d’Auschwitz. Plusieurs leaders de grandes puissances s’y réunissent, comme Emmanuel Macron, Vladimir Poutine, ou encore Benjamin Netanyahou, dans le but de s’exprimer sur la déportation des millions de juifs et l’antisémitisme actuel. Et déjà une importante controverse entoure cette assemblée : Poutine vise la Pologne et ses gouvernants de l’époque, déclarant que durant le conflit mondial ils « avaient pratiquement conclu une entente avec Hitler ». Il les accuse même d’avoir contribué au déclenchement de la guerre. Duda, le président polonais, réagit rapidement. Il refuse l’invitation à Jérusalem, arguant qu’il n’a pas de temps de parole prévu, et qu’il ne peut pas répondre aux propos de son homologue russe. 

Mais le problème ne s’arrête pas là. Lundi 27 janvier se tient la cérémonie officielle d’hommage, au camp d’Auschwitz-Birkenau. Plusieurs rescapés s’adressent à des lycéens et étudiants, mais il y a aussi une pléiade d’hommes et femmes politiques. Pas moins de 47 dirigeants mondiaux et hauts diplomates, la France est d’ailleurs représentée par son Premier Ministre Édouard Philippe. On y retrouve aussi Duda qui, cette fois délivre un discours solennel, dans lequel  Poutine est indirectement visé. Le chef d’État polonais met en garde contre le révisionnisme politique et le négationnisme. La réponse aux attaques du président Russe est alors très claire. 

D’autant plus claire qu’elle va dans le même sens que les propos tenu par son 1er ministre. En décembre 2019, il mettait l’URSS et l’Allemagne nazie sur un pied d’égalité dans le déclenchement du conflit. Des propos soutenus par Volodimir Zelensky, le président ukrainien, selon qui la guerre a débuté en raison des régimes totalitaires. Il n’en faut pas plus à la Russie y voir un signe d’hostilité et se braquer. 

Depuis ces incidents, la Russie accuse fortement la version européenne des faits. Le ministère des affaires étrangères russe reproche notamment aux pays de l’Union européenne de passer sous silence le rôle crucial des troupes soviétiques dans la libération du camp. C’est en tout cas ce que rapporte le journal Sputnik (pro-russe rappelons-le). En fait, les pays européens, comme les États-Unis, préfèrent avancer que la libération est due aux forces alliées. La Russie pointe aussi du doigt des erreurs plus factuelles comme, par exemple celle du quotidien Spiegel, le plus lu en Allemagne, qui a d’abord attribué la délivrance aux troupes américaines, avant de modifier l’article. 

Déjà pour les 70 ans de l’événement en 2015, le contexte était loin d’être calme et apaisé. Vladimir Poutine ne s’était pas rendu pas à Auschwitz pour la cérémonie. La cause provenait, cette fois, d’une déclaration du Ministre des affaires étrangères polonais, qui avait reconnu le rôle de l’armée ukrainienne sous domination de l’armée rouge dans l’évacuation du camp… en pleine tension russo-ukrainienne !

Hugo Messina

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