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Regard Croisé Art & Droit

Jeudi 6 février se tenait la 13ème rencontre Art& Droit organisée par l’Université d’Aix Marseille au Musée Granet d’Aix-en-Provence.

Ces rencontres réunissent les professionnels du monde de l’art et ceux du monde juridique autour  d’un domaine transversal.
Cette conférence posait en effet la question de la collection sous le prisme de l’art. Bruno Ely (directeur du musée Granet, conservateur en chef), Hervé Isar (professeur de Droit public, directeur du Laboratoire Interdisciplinaire de Droit des Médias et Mutations Sociales, vice-président chargé du patrimoine), Patricia Signorile (maître de conférences HDR, philosophie esthétique et sciences des arts) et le photographe Graziano Arici étaient présents.
La collection est par essence anthropologique, de tous temps et en tous lieux l’homme a toujours collectionné: que ce soit des cailloux à l’ère préhistorique ou des bijoux en Grèce antique avec la création de salles dédiées. Cette accumulation d’objets a ainsi donné lieu à la création de musée. La collection constitue une condition existentielle: « sans collection il n’y a pas de musée » comme nous l’explique Bruno Ely. La collection est un terme polysémique, elle se définit comme un regroupement d’objets correspondant à un thème, issu de l’activité qui consiste à réunir, entretenir, organiser et administrer celui-ci. Elle peut faire l’objet d’un loisir, la personne qui la constitue étant un collectionneur. Mais la collection peut également, dans un cadre public ou privé, donner lieu à des professions comme celles de conservateur de musée, de bibliothèque ou d’archives. Au niveau juridique, le code civil dispose, à l’article 534, que « les collections de tableaux qui peuvent être dans les galeries ou pièces particulières » ne sont pas des meubles meublants. L’objet de collection est doté d’un statut, principalement fiscal, le code du patrimoine défini la collection comme « un ensemble d’objets, d’œuvres et de documents dont les différents éléments ne peuvent être dissociés sans porter atteinte à sa cohérence et dont la valeur est supérieure à la somme des valeurs individuelles des éléments qui le composent ». Traditionnellement, la collection en tant que telle peut difficilement être qualifiée d’œuvre littéraire et artistique. C’est ainsi que le principe d’une collection, qu’elle soit d’art ou éditoriale, n’est pas susceptible d’appropriation par le droit de la propriété littéraire et artistique. Cependant, à diverses occasions, les juges ont protégé la collection sur le fondement des droits d’auteurs.

La réflexion s’est organisée autour de « l’archive photographique » rassemblée par Graziano Arici. Gérard Depardieu, Meryl Streep, Emma Thompson, Keith Haring, John Cage sont passés sous son objectif. Graziano Arici, est un photographe vénitien qui a notamment travaillé pour les agences Sygma et Grazia Neri et a été pendant 20 ans le photographe officiel du Gran Teatro La Fenice. Il s’est exilé en France afin de fuir l’afflux de touristes et est membre d’honneur de la ville d’Arles.

L’homme détient plus d’un million de photos et de documents inédits qui constitue une des plus grandes collection d’Europe. Il a créé l’ « Archivio Graziano Arici », qu’il a donnée à la Fondation Querini Stampalia en septembre 2017.

 

Ici, on ne parle pas de collection, mais de collection de collections. Elle est constituée de photographies d’artistes lyriques, de musiciens, de personnalités du monde de l’art, de vues des chantiers de la ville et de la lagune vénitienne. Pour la majeure partie, il s’agit de ses propres photographies, mais au fil des années, il a recherché des clichés de célébrités de 1946 qu’il ne pouvait pas photographier (Freya Stark, Frida Kahlo…) et des tirages de Venise datant du 19ème siècle. L’artiste parle de sa collection comme de son enfant, « c’est comme avoir un gosse ! ». En effet, il définit la collection comme « une mémoire de la culture » qui permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure. C’est pour ces raisons qu’elles doivent être protégées, car c’est un bout d’ Histoire à sauvegarder.
Pour les curieux, la collection de Graziano Arici est à découvrir sur Internet.

Clara Blondiaux

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