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Migrations en Méditerranée: un phénomène qui remonte à l’antiquité

Ce jeudi se tenait à la Maison méditerranéenne des Sciences de l’homme (MMSH) la conférence Histoires des migrations en Méditerranée. 

« L’idée reçu est de faire la distinction entre migration contrainte et volontaire. Bien souvent ces motifs sont liés » déclare Stéphane Mourlane, au sein de l’amphithéâtre A de la MMSH. Historien des migrations contemporaines, il était accompagné de Sophie Bouffier, historienne des migrations grecques en Méditerranée. Cette conférence devait nous montrer en quoi les mouvements de population ont participé à l’élaboration du bassin méditerranéen.

Un phénomène qui remonte à l’antiquité. La colonisation grecque, l’accroissement démographique et les luttes politique obligent les vaincus à s’en aller : ce sont les premières migrations.. « Mais ces circulations ne vont pas d’un point A à un point B, ce n’est pas un mouvement linéaire » explique Sophie Bouffier. Au XVème l’expansion des empires à forte dimension religieuse suscite des mobilités, notamment la reconquête de la péninsule ibérique par les royaumes chrétiens en 1492. « Aujourd’hui 3,5% de la population mondiale est concernées par la migration. A la charnière du XIXème et du XXème siècle c’était 5%. Contrairement aux idées reçues il y a des mouvements migratoires depuis très longtemps » rajoute Stéphane Mourlane.

Il aurait fallu sûrement plus de temps aux conférenciers pour nous présenter l’impact réel qu’ont eu ces mouvements migratoires. Bien qu’intéressante, la conférence a multiplié les sauts et retours dans le temps, au risque de perdre l’assistance.

Ce n’était en revanche pas le cas l’exposition Ciao Italia, organisée en marge de la conférence. Après avoir été présentée au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris il y a maintenant deux ans, elle se dévoilait dans sa version itinérante à Aix-en-Provence entre le 27 et le 31 janvier. L’occasion d’avoir une perspective historique d’une immigration « peu connu, idéalisée comme le confie Stéphane Mourlane, commissaire de l’exposition.

Entre 1901 et 1968, la population italienne était la plus forte communauté immigrante en France. Tout commence en 1860. Malgré l’unification de l’Italie, les difficultés économiques et les tensions politiques poussent les Italiens à quitter le pays. Une intégration difficile. En 1894, Sadi Carno, président de la République française, est assassiné par un anarchiste italien. Cet événement a rejailli sur toute la communauté installée en France. S’en est suivi une « chasse aux italiens » avec notamment le massacre d’Aigues-Mortes. « Beaucoup de personnes qui ont vu l’exposition l’ont mise en lien avec les enjeux actuels ».

Mal accueillis au départ, ces Italiens sont venus en France parce que l’on avait besoin d’eux. L’accord de main-d’œuvre franco-italien de 1947 ouvre la porte au dernier flux migratoire transalpin, jusqu’en 1960. Le tourisme l’a ensuite inversé, l’Italie apparaît alors comme « un théâtre de divertissement. Au travers de cette exposition, nous voulons montrer les apports de cette immigration, à la société et à la culture française ».

Hugo Chirossel

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