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Dossier : le Combat Hoplitique

Une quinzaine de boucliers sont à disposition des étudiants qui participent au combat hoplitique

LES RÈGLES

Pas évident d’instaurer un règlement pour une discipline qui, originellement, est faite pour tuer ! Une phase de « sportivisation » très complexe selon Vincent Torres, l’entraîneur passionné, qui explique que le but du combat est de « tuer » l’adversaire, en le touchant au niveau de certaines zones corporelles – l’intérieur de la cuisse, le torse, le cou. Mais il ne s’agit pas uniquement de jouer à la bagarre ! Les techniques apprises lors des cours théoriques doivent être mises en application lors des duels qui durent de 1 à 5 minutes. Après s’être salués d’un geste de la tête et d’un « check » de lances, les deux hoplites enchaînent les coups. Lorsqu’il y a touche, l’adversaire est considéré comme mort et un point est marqué. Pour gagner, il faut avoir effectué deux touches, mais il ne suffit pas d’effleurer le rival ! Pour être validées, les touches doivent être « appuyées » : le geste doit être fait d’une telle manière qu’il laisse supposer que la lance transperce l’ennemi. Ils sont fous ces hoplites.

Julie Musemaque

AUX ARMES !

Le combat hoplitique, comme tous les sports, disposent d’un équipement propre et surtout particulier.

Inspiré de l’ère hellénistique, l’équipement hoplitique est « fait maison » explique Vincent, enseignant de ce sport de combat particulier : le bouclier, aussi appelé hoplon, est fait de lamelles de bois, pour être moins lourd, et peut peser entre quatre et huit kilos. Le tout premier, réalisé par l’association, en faisait huit ! Ils sont creux, ce qui permet de les poser sur l’épaule. Sur chacun d’eux, des dessins de style antique y sont peints, mais certains sont spécifiques. En effet, les boucliers ont été originellement construits par l’association des Somatophylaques. « Chaque président a dessiné un symbole tricéphale » ajoute Vincent. Un moyen de laisser leur marque au sein de l’activité hoplitique de l’Université d’Aix-Marseille.

Les participants disposent aussi de lances ou dory, réalisées de façon artisanale, de la même manière que les boucliers. Ce sont les membres de l’association qui les ont construites. Elles font deux mètres, mais elles pouvaient aller jusqu’à deux mètres cinquante dans l’Antiquité. Chaque côté est recouvert d’un épais embout de tissu afin de limiter les blessures ou les mauvais coups. Ils possèdent aussi des xiphos : des petites épées en métal, mais celles-ci ne sont utilisées que pour les représentations.

La panoplie ne serait pas parfaite sans les fameux kranos : de véritables casques en bronze ! Les membres de l’association ont d’abord essayé de réaliser leur propre casque en fer. Cependant le résultat n’était pas à la hauteur. Ils ont donc fait appel au savoir-faire bronzier d’un artisan indien. Mais la communication était difficile : beaucoup de mails, « et de dessins réalisés sur Paint » précise Vincent en riant, pour faire comprendre le modèle de casque. Aujourd’hui, les Somatophylaques travaillent avec une entreprise d’artisans français. Le reste de la tenue est réalisé par l’ensemble des participants au Combat Hoplitique : les armures sont fabriquées avec vingt couches de lin, et les chaussures sont en cuir (les membres de l’association ont appris à faire bouillir le cuir eux-mêmes !). Un sport atypique, pour un équipement extraordinaire totalement fait main. Une véritable immersion dans le passé.

Tiffany Mecheref

ON A TESTÉ POUR VOUR …LE COMBAT À LA LANCE GRECQUE 

Retour vers le passé le temps d’une heure et demi, en commençant par un entraînement – extrêmement – intensif ! Les autres étudiants du cours semblent être habitués à faire du gai- nage tout en se racontant de grands combats historiques…. Ce n’était pas mon cas, et mes abdos l’ont bien ressenti !

Il faut toujours rester en position de garde, retenir les positions d’attaque et de défense – que je confondais en m’emmêlant les jambes… Et surtout porter constamment bouclier au-dessus de son épaule, mais pas trop…. Il me faudra plus de séances pour devenir aussi habile et précise !

Après ces exercices, place au combat en duo…. Comme tout duel qui se respecte, il faut se saluer en croisant les deux lances, ce qui m’a fait sentir guerrière sur les bords. Prêt, feu, go : attention à garder une distance de sécurité, car même si les extrémités de la lance ne sont ni pointues ni dangereuses, il ne faut pas faire mal à son adversaire ! J’imagine qu’à l’époque la question ne se posait pas… Plusieurs étudiants ont pris du temps pour m’expliquer les stratégies et m’aider à me positionner lorsque j’étais (souvent) totalement hors sujet ! Et j’ai surtout compris la passion commune qui les animait lorsque de vrais combats ont démarré : il étaient à la fois violents, précis et stratèges. Une vraie expérience de découverte, on ne peut plus étonnante!

Amélia Assor

Certes le nom ne fait pas rêver. Mais méfiez-vous des apparences ! Tenir un bouclier n’a pas été une tâche facile. Comme on pourrait le croire à première vue, il faut beaucoup de force. Ce qui a été le plus dur n’a pas été de le porter mais de le supporter. Bien qu’il pèse de 4 à 6 kilos, quand je me suis retrouvée face à l’adversaire il a fallu tenir le choc. Cependant le risque 0 n’existe pas, même si je pensais qu’il y aurait une infime chance pour qu’on m’épargne. Prendre quelques coups n’était pas forcément agréable. Encore faut-il pouvoir les éviter. Petite et de corpulence normale, j’ai trouvé que la lance était lourde. Jusqu’au moment où je me suis rendue compte que je ne la tenais pas forcément bien.

Après une journée bien remplie, on pourrait croire que les participants soient fatigués. Au contraire, chacun était extrêmement déterminé, cela se sentait et se ressentait. Face au stress des cours, il est donc normal de se défouler. Quand est venue l’heure du combat, j’avais une appréhension. Cependant, lorsque l’on est débutant, on n’ose pas forcément donner des coups. Heureusement pour moi, mon adversaire était clément.

En voyant l’intitulé du cours, j’avais des préjugés. Je pensais qu’il allait être facile de combattre. Bien au contraire, je vous mets au défi de prendre un bouclier ainsi qu’une lance et de combattre !

Pauline Pirot

 

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