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Des candidats qui ne s’économisent pas en promesses

Les trois candidats « favoris » pour la présidence de la région se sont retrouvés à la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence jeudi 29 octobre. Marion Maréchal Le Pen, Christophe Castaner et Christian Estrosi ont donc défendu leur programme économique devant plus de 300 chefs d’entreprises.

L’enjeu est de taille. Avec les modifications de la loi NOTRe, les régions ont désormais des pouvoirs accrus en ce qui concerne le développement économique du territoire. Les trois candidats présents n’avaient donc pas le droit à l’erreur. Pas de débat entre les prétendants mais un simple oral où l’on passe chacun son tour.

Christian Estrosi est le premier à présenter son programme. Et le candidat du parti « Les Républicains » surfe sur la vague FrenchTech en voulant faire de PACA, la première « Smart Région d’Europe, où le numérique et l’inter-connectivité permettront l’innovation et généreront des emplois très qualifiés ».

Il n’hésite évidemment pas à lancer une petite pique envers les actuels dirigeants socialistes en évoquant la diminution de l’investissement de la région malgré la hausse de sa dette.

D’où une volonté de devenir « le partenaire à la main ferme » des entreprises du territoire. Ses projets ? La création d’une Banque régionale de l’Apprentissage afin d’encourager cette pratique, et d’un Fonds d’Investissement des entreprises régionales.

Et la dette dans tout ça ? Sa volonté est de la diminuer de 25% en ne remplaçant pas les fonctionnaires partant à la retraite et en vendant la Villa Méditerranée, ce qu’il avait déjà évoqué dans un précédent débat. Des économies compliquées à réaliser au regard de son projet colossal en matière de transport. Le maire de Nice défend ainsi de grands projets routiers pour désenclaver la région.

Marion Maréchal Le Pen a déjà souligné les similitudes entre les programmes socialistes et républicains. Et on a en effet l’impression que Christophe Castaner vient répéter les projets de son homologue avec des mots différents.

Même volonté de « numérisation » et de valorisation « des pôles d’excellences » pour consolider l’économie de la région. Même volonté d’insister sur l’apprentissage comme moyen d’insertion professionnelle. Et même volonté de financer les entreprises régionales via un intermédiaire bancaire.

Le propos diffère quant à la promotion de la région avec la volonté de mettre en place « une grande école de formation aux métiers du tourisme », là où Christian Estrosi ne fait que souligner la faiblesse du budget accordé à la promotion internationale de la région.

Christophe Castaner n’évoque cependant pas l’état actuel de la dette régionale. Il critique néanmoins le projet routier du concurrent précédent qu’il estime irréalisable au vu des finances de la région.

C’est au tour de la cadette des candidats de se présenter devant l’assemblée. Marion Maréchal Le Pen dénonce d’emblée « les fantasmes sur son programme économique » en écartant toute « gestion idéologique de la région ». Ce qui ne l’empêchera pas de faire allusion quelques instants plus tard au « patriotisme économique » qu’elle entend renforcer.
Pour la troisième fois durant cette présentation, il y aura création d’un intermédiaire qui prendra la décision de financer ou non un projet.
La député frontiste joue également sur le « glocal » : décision globale mais gestion locale. A savoir une collaboration étroite avec les communes « pour trouver à la Région un interlocuteur qui les traite d’égal à égal ».
Même son de cloche que Christophe Castaner en ce qui concerne la critique du programme de Christian Estrosi en matière de transports. Elle défend ainsi des « projets moins paillette » et « plus pertinents ».
Pas de révolution à prévoir dans l’économie régionale. On comprend mieux pourquoi les questions économiques ont été si vite évacuées des débats précédents.

Valentin NICOLAS

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