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Les calissons à l’épreuve de la mondialisation

Emblème du savoir-faire de la ville aux milles fontaines, les calissons font l’objet d’un bras de fer entre les producteurs aixois et des entrepreneurs chinois depuis 2016. Après des mois de bataille juridique, le Sipo, l’office chinois des marques équivalent à notre Inpi (Institut national de la propriété industrielle) a rejeté le dépôt d’un homme d’affaires de la province du Zhejiang, région de l’est de la Chine au bord de la mer sino-orientale. L’entrepreneur Ye Chunlin, souhaitait déposer l’appellation « Kalisong », retranscription phonétique des friandises iconiques à base de melon dans le but de les commercialiser internationalement.

Un refus du Sipo qui s’inscrit dans une démarche juridique plus large pour la lutte contre le dépôt de marque de mauvaise foi. En effet, la Cour suprême de la République populaire de Chine (RPC) a publié un ensemble de dispositions relatives à l’octroi et l’affirmation de droits de marque en janvier 2017. Entrées en vigueur le 1er mars 2017, ces textes de loi répondent au nombre croissant de plaintes de marques non-chinoises.

Un enjeu majeur au sein du pays champion incontesté des dépôts de marques, avec 64,6%* des demandes en 2016. Une mauvaise expérience vécue par de nombreuses entreprises notamment par des colosses tels que Tesla, Apple mais aussi par les calissons aixois. Les calissons de la capitale historique de Provence sont pourtant déjà largement exportés outre-atlantique notamment par la confiserie du Roy René, qui internationalise 10% de sa production. Mais le dépôt de la marque en Chine aurait pu avoir de lourdes conséquences sur un héritage essentiel de la culture culinaire du sud de la France. En réponse à cette frayeur, les douze fabricants aixois ont décidé de se regrouper afin de déposer une demande d’Indication Géographique Protégée (IGP). Une démarche débutée dès l’année 2000, mais il a fallu quinze ans aux producteurs pour parvenir à un consensus sur le cahier des charges. Le calisson d’Aix rejoindrait alors le roquefort, ou encore le miel de Provence, autant de produits français protégés par ce label.

*Source: WIPO Statistics Database

Rebecca Gomes

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