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SIDA : les jeunes mal armés contre la maladie

Remis à l’ordre du jour dans le film de Robin Campillo, 120 battements par minute, le SIDA continue toujours de progresser en France.

120 battements par minute revient sur les « années SIDA ».  En  1990, lorsqu’on est séropositif, on est condamné à mort. 30 ans après, cette maladie ne tue plus et cela justifie sans doute sa médiatisation moins importante. Pourtant, comme le rappelle la campagne du sidaction de 2017, « le combat n’est pas terminé ».

En France, environ 153 000 personnes vivent avec le VIH et, chaque année, environ 6 000 découvrent leur séropositivité. Or les 15-24 ans représentent 11% des nouveaux cas, un chiffre en augmentation de 24% depuis 2007*. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs.

Les 15-24 ans moins informés

Le sentiment d’information globale se détériore. 79% de la population ciblée se dit bien informée, le chiffre le plus bas depuis 2009. Ainsi, de nombreuses fausses idées s’ancrent dans la tête de ces jeunes qui pensent par exemple pouvoir être contaminés par la sueur (16%) ou la salive  (21%) d’un séropositif, en s’asseyant sur les toilettes publiques (18%) ou encore en serrant la main d’une autre personne (7%). Au contraire, seuls 70% sont au courant du risque de transmission suite à un piercing ou un tatouage.

Les jeunes sont également de moins en moins nombreux à savoir où se trouvent les lieux de dépistage (58%) ou qu’il existe un traitement d’urgence après une prise de risque (44%).

Les 15-24 ans adeptes de comportements à risques

Ce manque d’information entraine un développement de la conduite à risque. On remarque effectivement que les jeunes se protègent moins. 46% des personnes interrogées indiquent ne pas avoir utilisé de préservatif lors de leur dernier rapport sexuel. Pourtant, seulement 46% d’entre eux ont déjà effectué un test de dépistage du VIH après.

Un comportement qui peut évoluer avec le succès du film 120 battements par minute. « Ce film peut contribuer à réveiller les consciences, particulièrement auprès de ceux qui n’ont pas connu le temps fort de l’épidémie et ont tendance à penser que ça ne les concerne pas » estime Lucie, étudiante de 22 ans en sciences politiques.

Même si, aujourd’hui, le SIDA n’est plus mortel, il reste une maladie grave dont le dépistage doit être rapide et dont le traitement est à vie. Encore actuellement, la question de l’information demeure donc primordiale.

Salomé MOISSON

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