News Ticker

Rencontres photographiques de Cassis : une exposition trop vite disparue

Pour la cinquième fois, Cassis a accueilli les Rencontres photographiques. Depuis le 16 février et jusqu’au 3 mars, elles ont eu lieu aux Salles Voûtées, situées dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Ville. Le thème de l’exposition, « Disparition(s) », a lancé le défis suivants aux photographes : montrer ce qui n ‘est pas ou plus visible. Matérialiser l’invisible donc.

Dès que l’on pénètre dans les Salles Voûtées de Cassis et que l’on y découvre leur toit arqué, on comprend pourquoi elles portent ce nom. On peut admirer, en serpentant d’une salle à l’autre, les séries des douze photographes retenus à l’occasion de ces Rencontres photographiques. Une sélection qui n’a pas été évidente au vu du nombre et de la qualité des dossiers proposés. Le jury, composé en partie de membres du Café photo de Marseille, a essayé de choisir des présentations différentes les unes des autres, tout en restant dans une harmonie globale. En rentrant on aperçoit, exposée au mur en face de nous, la série de Samuel Hense. La relation nature, urbain et humain est au centre des clichés du photographe nantais, invité d’honneur de l’événement. Il nous présente des espaces le plus souvent oubliés et/ou en marge : zones intermédiaires en restructuration, paysages vernaculaires ou villes en proie à la métamorphose.

Mais le terme « Disparition(s) », peut prendre différentes formes. Disparition et non « la disparition », on insiste ici sur l’absence d’article, défini ou indéfini, afin d’élargir le champ des possibles. Andy Nitimihardo, photographe dans l’événementiel participe pour la première fois à l’événement. Il a pour sa part essayé de montrer « l’humanité qui a disparu ». Le tout en photographiant à travers une boule de cristal des clichés réalisés depuis ses débuts.

Contrairement aux autres participants, Michel Garofano a lui décidé de ne pas présenter une série de photos, mais un seul cliché. Une image sous-marine sur laquelle on voit seulement le bas du corps et les jambes du protagoniste. « A la base, j’ai pris cette photo dans un but esthétique » nous confie-t-il, « mais après coup, quand je l’ai vu sur l’ordinateur, j’ai directement pensé au thème « Disparition(s) ». Elle correspond tout à fait : la tête dans les nuages, elle peut être morte comme vivante, c’est entre l’eau, l’air et le ciel ».

Cet événement, né d’une coopération entre le Café photo de Marseille et l’association H2Arts, a pour objectif de donner une vitrine aux artistes en devenir. Et de trouver un espace pour qu’ils puissent présenter leurs œuvres dans de bonnes conditions. « On n’est pas dans une logique de rentabilité » nous explique Hélène Havlik, commissaire de l’exposition, « à terme, on s’inscrit dans un mouvement pérenne de découverte des artistes ».

L’exposition a logiquement connu un  succès honorable au cœur de Cassis. Puisqu’à la veille de la clôture environ 800 personnes étaient déjà venues contempler ces « Disparition(s) ». « Imaginez si on faisait ça à Paris » conclut en rigolant Hélène Havlik. Cela serait sans aucun doute un moment à immortaliser. Pourquoi pas en photo.

Hugo Chirossel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*