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« Pas de Rambo ni de Terminator: je n’ai que des pères de famille! »

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Fier et Passionné. Deux adjectifs qui représentent le mieux ce commandant de police du Raid de Marseille. Rien ne ne le destinait à entrer dans la police. Il est d’abord pilote automobile, puis vendeur de pièces mécaniques. Ce n’est qu’en 1993 qu’il intègre la police. Cela peut paraitre paradoxal mais pour lui pilotage et forces de l’ordre sont intimement liés par la passion. « On peut difficilement faire ce métier comme n’importe quel autre métier ». Dès lors, on comprend que son poste au sein du RAID est bien plus qu’un simple emploi. Ce poste, c’est un don de soi à la police et surtout à la société. Le rythme de vie est dur, mais cela n’ébranle en rien l’amour que ce policier porte à son activité. Il est conscient de la difficulté pour la famille, « les opérations ne suivent pas le calendrier scolaire » c’est pourquoi « il faut avoir une femme et des enfants compréhensifs ». Le RAID devient l’école de la vie, ces policiers profitent au maximum de leurs temps extra professionnels. Carpe Diem comme dirait certains.

Au sein de son unité, Nicolas, est le seul décisionnaire. Il coordonne les vingt cinq hommes qui la compose. Ce grand gaillard de plus d’1m80 peut paraitre impressionnant et force le respect. Pourtant, lorsqu’il parle de son équipe, le côté « rustique » disparait. Cela fait maintenant sept ans qu’il recrute, forme, conseille, soutient, « remet sur le droit chemin » ses hommes. « On vit tout le temps ensemble, on n’a pas vraiment d’intimité ». « Aujourd’hui j’arrive à un point où j’ai une seconde famille, dont je suis un peu le papa ». Officier strict, dénué d’émotions, robot sous commande : autant de clichés que ce père de famille démonte avec brio. Les liens qui unissent ces gardiens de l’ordre sont un moyen de toujours connaitre l’état de son équipe mais aussi de supporter le quotidien parfois lourd.

Lorsqu’il parle de son unité, on sent la fierté. La seule chose qui lui fait réellement peur : perdre l’un des siens. « J’aime pas qu’on y touche! ». S’il attend d’eux une grande rigueur et une loyauté sans faille il est aussi prêt à tout pour les défendre. Le Leitmotiv de ce chef: « 100% des gars doivent être contents de venir au boulot ».
Quand on aborde le thème des interventions, c’est avec beaucoup d’émotions qu’il en décrit une toute particulière : l’attaque du cabinet dentaire de Marseille il y a deux ans. L’équipe se rend sur le lieu de la prise d’otage. À la fin de l’intervention, 2 victimes : le dentiste et le preneur d’otage. C’est l’air triste et la gorge serrée que ce gradé du Raid aborde ces événements. Car évidemment, l’objectif majeur de ce groupe d’intervention est de faire le moins de victimes possible. Mais chaque membre a conscience de prendre tous les jours des risques. Nicolas confie d’ailleurs qu’au « final on ne peut pas écarter la possibilité du sacrifice ultime ».

Si quelqu’un remet en cause sa motivation, ce Corse rappelle qu’il l’a toujours eue. Et que sans elle, il est impossible de « faire le job ». «On sait que l’on sera peut être amené à se sacrifier mais je ne me pose pas la question. Ce qui me travaille le plus quand on part en intervention c’est de ramener tout le monde à la maison. J’ai pas de Rambo ni de Terminator, je n’ai que des pères de famille! Ce que je supporterais le moins, c’est la perte. »

Cécile Allegre

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