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« Garde ton corps » : une appli pour protéger les femmes des agressions

Anaïs Carmona Clerx, Caroline Pheng et Pauline Vanderquand, créatrices de l’appli « Garde ton corps ».

À Aix-en-Provence, trois amies ont développé une application mobile permettant aux femmes de sécuriser leurs trajets nocturnes.

À force de se raconter leurs expériences personnelles, Anaïs, Caroline et Pauline ont ressenti le besoin d’agir. Alpaguées, suivies, harcelées, parfois même agressées… Les femmes ne marchent pas tranquilles dans la ville aux mille fontaines une fois la nuit tombée. Bien trop souvent, ses ruelles se transforment en terrain de jeu pour goujats dangereux. Face à l’insécurité et à la peur auxquelles est confrontée la moitié de la population aixoise, les trois trentenaires ont décidé d’agir. « On a constaté que ça ne concernait pas que nous, que c’était un problème qui touchait toutes les femmes, et de façon récurrente. On s’est dit qu’on devait faire quelque chose pour que la situation change » explique Anaïs Carmona Clerx, une lueur de détermination dans les yeux.

Leur appli, elles l’ont imaginée comme solution individuelle à un problème collectif. Destinée à diminuer les risques d’agression dans l’espace urbain, l’application géolocalisée propose trois options : « je rentre », « lâche-moi » et « aide-moi ». Pour s’en servir, il suffit d’indiquer trois contacts favoris, qui seront avertis en cas de problème. Mais pas seulement. Le contact sait d’où part l’utilisatrice, où elle doit arriver et son temps de trajet. Si elle change d’itinéraire, l’application envoie automatiquement un message afin de signaler un comportement potentiellement alarmant.

Le numérique n’est pas le seul atout de « Garde ton corps ». Les trois amies ont également mis en place un réseau de plusieurs commerces partenaires, qui constituent pour les utilisatrices des « safe places ». Il s’agit pour la plupart de bars, dans lesquels elles pourront se réfugier en cas de problème. Pour le patron de « La vida loca », partenaire du dispositif, il était « urgent d’offrir une réponse aux femmes en situation de danger ou d’insécurité ». Pour lui, elles ont le droit d’utiliser l’espace urbain au même titre que les hommes. « Je trouve ça triste que l’on doive en arriver là. J’espère que ça alertera les gens sur la gravité de la situation. On dit souvent à nos filles de faire attention, mais je pense qu’on devrait surtout expliquer à nos fils qu’ils doivent respecter les femmes, et pas seulement leur mère ou leur sœur ».

Disponible depuis le 8 mars 2019, Journée internationale de défense des droits des femmes, l’application est entièrement gratuite. Téléchargeable sur iOS et Android, elle a vocation à se déployer à l’échelle nationale. (http://gardetoncorps.com)

Maud Guilbeault

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