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Drame de la rue d’Aubagne : un an après, « rien n’a changé »

"Pas de quartiers pour les spéculateurs". Une foule compacte ce samedi lors de la "Marche de la colère." Crédit : Justin Carrette

Des milliers de personnes ont défilé samedi à Marseille en mémoire des victimes de la rue d’Aubagne. L’occasion de dénoncer une fois encore le mal logement

« Qui sème la misère, récolte la colère ». Le 5 novembre 2018, 8 personnes ont perdu la vie à la suite de l’effondrement d’immeubles vétustes rue d’Aubagne à Marseille. Un an après, entre 6700 personnes selon la police, 15 000 selon les organisateurs, ont défilé dans le centre-ville en mémoire des victimes et pour pointer du doigt l’inaction de la mairie depuis un an. Leur slogan : « Qui sème la misère, récolte la colère ».

En tête du cortège, des proches de victimes tiennent une grande banderole « Ni oubli, ni pardon ». De nombreux membres du collectif 5 novembre sont présents, mais d’autres organisations ont également répondu à l’appel.

En tête du cortège, les familles et les proches de victimes. Crédit : Justin Carrette

« Je suis membre du collectif des habitants de la cité de Maison-Blanche » raconte Nair Abdallah « ça fait un an qu’on milite nous aussi. Il y a eu un incendie fin août dans un des immeubles, et il y a toujours des familles qui ne sont pas relogées et qui vivent en hôtel. » Le militant semble également touché par la forte mobilisation de ce samedi. « C’est un ras-le-bol de tous les Marseillais. On est tous solidaires entre nous et c’est grâce à cette solidarité qu’on survit. »

« Gaudin assassin ! », « Marseille habitat, Marseille mafia ! », « Délogeons la mairie, relogeons les Marseillais ! »… Les slogans sont scandés au micro, en tête du cortège, avant d’être repris par la foule. Les prises de paroles s’enchaînent pour permettre à tous les collectifs de s’exprimer. « On dénonce depuis 20 ans la politique de la mairie qui vise à chasser les pauvres du centre-ville pour les loger dans les quartiers Nord délaissés», lance Damien membre du collectif du 5 novembre.

Les membres des différents collectifs prennent la parole et lancent des slogans en tête du cortège. Crédit : Justin Carrette

De nombreux gilets jaunes ont également pris part à cette manifestation. « On se bat contre toutes les inégalités, pourquoi on ne serait pas là ? On est tout à fait à notre place. Les deux causes se rejoignent», livre Annie. Sur son gilet jaune on peut lire « ni oubli, ni pardon ».

Le cortège arrive vers 17h30 sur le Vieux-Port et rapidement devant la mairie. De nombreux slogans à l’encontre du maire Jean-Claude Gaudin sont lancés. Les organisateurs annoncent la fin de la manifestation au micro mais certains membres du défilé restent sur place. Quelques frictions ont lieu avec les CRS, des jets de gaz lacrymogène répondent aux jets de bouteilles mais sans grands incidents.

Le cortège devant la mairie sur le vieux port, « Gaudin Assassin » lancent les manifestants. Crédit : Justin Carrette

Un an après l’effondrement des immeubles rue d’Aubagne et la première « marche de la colère », les banderoles, les revendications et la mobilisation semblent quasiment identiques. Un phénomène qui renforce le sentiment des manifestants que rien n’a été fait pour l’habitat indigne et pour reloger les quelques 600 familles qui vivent actuellement à l’hôtel en attente d’être relogées.

Beaucoup dans le cortège ont déjà coché le rendez-vous des élections municipales en mars 2020. Leur objectif, « sanctionner » dans les urnes, la municipalité en place.

Justin Carrette

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