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Des apprentis professeurs livrent une représentation théâtrale saugrenue

Un murmure emplit la petite salle du théâtre. Sur les bancs en bois, les spectateurs attendent le début de la représentation. La lumière jaune des projecteurs distend les moulures du plafond. Le premier jour de la semaine internationale du théâtre d’Aix-Marseille Université s’annonce sous les augures du rire. Des variations autour de l’œuvre de Claude Ponti – célèbre auteur-illustrateur pour la jeunesse – sont au programme. Tandis que la pièce s’obscurcit, le brouhaha disparaît. Deux douzaines d’acteurs aux costumes bariolés et incongrus envahissent la scène. Au rythme d’une percussion improvisée sur les pieds d’une chaise, les jeunes gens se meuvent. S’arrêtent. Repartent. Puis l’étrange musique s’éteint. Une femme, plus âgée, aux vêtements sobres, monte sur scène. « Les étudiants et les professeurs stagiaires de l’ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Enseignement) viennent de vous présenter un jeu-exercice que nous faisons lors de notre atelier théâtre » explique Brigitte Brunet, animatrice de cette troupe d’amateurs. S’ensuivent d’autres de ces entraînements : occupation de l’espace, synchronisation, complicité…

Enfin, la pièce de Claude Ponti, Bonjour, commence. Deux personnages sont sur scène. Koi et Hétoi se rencontrent. Ils se parlent, ne se comprennent pas, tentent de s’expliquer, et recommencent. Bien que cet échange surréaliste tourne en rond, il se déroule avec patience et tolérance. Les quiproquos à répétition font sourire le public. A la fin de chaque acte, deux nouveaux acteurs remplacent les précédents. Il faut bien faire jouer tout le monde ! Un ibis, une fourmi, un éléphant et d’autres animaux entrent en scène. La déconstruction du langage s’accentue, la confusion grandit, le comique s’accroît. Bonjour soulève l’intérêt primordial de la communication. Fin de la pièce, applaudissements.

Les acteurs s’en sont donnés à cœur joie. Pour Adrien, instituteur, cet atelier théâtre favorise l’être ensemble. Constance a appris à se libérer de la norme sociale. « Ça permet de nous vider la tête avant les concours » confie la future professeure en riant. Espérons que les quiproquos de Claude Ponti n’embrouillent pas l’esprit des étudiants devant leur copie.

 

Susie-Lou MAKSUD

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