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Chronique cinéma n°2 : « Ballon rouge, disparition, et invités surprises »

ÇA

 

Synopsis : Dans la ville de Derry aux Etats-Unis, d’étranges disparitions d’enfants se succèdent tous les 27 ans. Des écoliers décident de se regrouper pour mener l’enquête sur une terrifiante créature qu’ils appellent « ÇA ».

Avis : « ÇA » est sans doute le film d’horreur de la rentrée à ne pas louper. Dans la mystérieuse ville de Derry, le spectateur suit avec passion les aventures d’une bande de gamins drôles et attachants. L’identification à ces adolescents est facile tant on peut comprendre leur peur naturelle. Cette peur, justement, est le fil rouge de ce film pendant plus de deux heures. Comment faire pour la dépasser ? Peut-on combattre une angoisse individuelle en la partageant collectivement ? Ces deux questions constituent le noyau dur de ce film frissonnant. « ÇA » est une réussite à tous points de vue, tant sur son aspect photographique que par une bande-son sublime. Sous la baguette du britannique Benjamin Wallfisch, l’univers musical plonge le spectateur dans un stress quasi-permanent.  Il faut dire que le compositeur est un habitué des films d’horreur après avoir signé plusieurs célèbres longs-métrages comme « Annabelle 2 », « Dans le noir », ou plus récemment « A Cure for Life ». La grande force du film réside à ne jamais dépasser la frontière de l’ultra-violence et à faire monter crescendo le rythme cardiaque. Le réalisateur Andy Muschietti s’amuse à faire croire perpétuellement à l’arrivée d’un drame. Du côté des performances artistiques, on retrouve l’excellent Finn Wolfhard connu pour sa présence dans la série « Stranger Things ». Mais il faut surtout noter la prouesse du tout jeune acteur Jaeden Lieberher, éclaboussant le film par son talent.

Si vous êtes adepte des films d’horreurs, il n’y a aucune hésitation à avoir sur la qualité cinématographique de « ÇA ». Si, au contraire, vous êtes rétissant au visionnage de la bande annonce, il ne reste plus qu’à sauter le pas… en combattant votre peur tout simplement !

Note : 15/20

Mother ! 

Synopsis : Un couple vivant dans une maison de campagne reçoit subitement la visite de plusieurs inconnus. Tout s’accélère lorsque la maîtresse de maison se retrouve dépassée par ces rencontres…
Avis : Mais où le réalisateur du film, Darren Aronofsky, voulait-il en venir ? Quel est le cheminement scénaristique ? Comment doit-on comprendre la fin du film ? Tant de questions qui sont restées sans réponse pour de nombreux spectateurs à travers le monde. C’est en effet le cœur du problème pour « Mother ! », qui affichait pourtant un casting cinq étoiles (Jennifer Lawrence, Javier Bardem). Si le spectateur prend une véritable claque visuelle avec des plans très rapprochés, le scénario rebondissant laisse derrière lui un final pour le moins… inattendu. Sur Internet, des dizaines de théories fleurissent déjà pour un film qui est très loin de faire l’unanimité. Darren Aronofsky a sans doute usé de certaines métaphores, complexifiant sciemment le long-métrage. Mais si l’on doit reconnaître un défi de taille relevé par le réalisateur, c’est sa faculté à tenir un huis clos de deux heures sans véritable temps mort. Car la caméra ne dépasse que très rarement les murs de la gigantesque maison du couple. Mais cela reste insuffisant pour relever le niveau du film.

En définitive, loin d’être tout public, Mother ! est malheureusement décevant par son scénario ubuesque. Si vous hésitez encore à aller le voir au cinéma, vous pouvez sans regret attendre une année… pour sa sortie sur les écrans de télévision.

Note : 7/20 

Mon Garçon 

Synopsis : Julien est un géologue qui voyage dans le monde entier pour son travail. Il reçoit un appel de son ex-femme lui indiquant la disparition de son fils de sept ans. Il décide alors de la rejoindre, dans les Alpes françaises pour partir à sa recherche.

Avis : Voilà un film français sortant quelque peu de l’ordinaire par sa trame scénaristique. Pendant la promotion du film, Guillaume Canet a expliqué les subtilités du tournage. Le comédien a été mis au courant d’une petite partie du synopsis par le réalisateur Christian Carion. Dans certaines scènes, l’acteur n’avait même pas de texte et devait faire travailler son imagination pour retrouver son enfant disparu. A l’écran, le rendu est une agréable surprise. La performance de Guillaume Canet est à souligner comme celle de Mélanie Laurent. Sur le plan visuel, la photographie des paysages alpins enneigés est magnifique. Dans ce cadre volontairement inquiétant, le jeune garçon peut se trouver n’importe où dans l’immensité de ce panorama montagneux. Mais la grosse déception de « Mon garçon » est relative à la durée du film, très court, 1h24. De plus, les quinze premières minutes sont très poussives pour entrer dans l’histoire. En définitive, le spectateur n’a qu’une petite heure à se mettre sous la dent, trop peu lorsque l’on achète sa place.

Néanmoins, fait rare dans le cinéma français, Christian Carion est sorti de certains sentiers battus. Une bouffée d’oxygène qui en inspirera peut-être d’autres dans le futur.

Note : 12/20

Jordan Piol-Speranza

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