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A Aix, ils veulent encore des coquelicots

Les militants aixois du mouvement « nous voulons des coquelicots » rassemblés devant la mairie vendredi 3 novembre dernier.

Ils étaient une quarantaine à se réunir devant l’Hôtel de Ville d’Aix-en-Provence, vendredi 3 novembre. Tous s’insurgeaient contre l’utilisation des pesticides de synthèse. Après l’appel national lancé le 12 septembre par Fabrice Nicolino, journaliste de Charlie Hebdo, plusieurs groupuscules se sont créés en France et entendent prêcher la bonne parole auprès des citoyens. 

« Nous voulons des abeilles »« nous voulons des coquelicots ». Autant d’images qui, au fond, veulent dire la même chose : nous voulons de la vie. Et pour cela, il faut s’engager contre l’utilisation des pesticides. C’est ce que défend le journaliste Fabrice Nicolino. Il parle d’un « grand mouvement en faveur de la vie. Ce n’est ni l’appel de Charlie ni le mien, c’est un appel lancé par des humains à d’autres humains. Les pesticides sont partout. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, ainsi que des malformations à la naissance».

L’appel du 12 septembre a eu des conséquences. Depuis, les gens s’engagent dans les villes, comme c’est le cas à Aix. La figure du journaliste n’y est pas pour rien : « Quand j’ai vu qu’il s’agissait de lui, je me suis dit que ça n’allait pas être n’importe quoi et que ça pouvait prendre. C’est une personne crédible et le mouvement va au-delà de tous les partis politiques : la lutte ici concerne tout le monde », témoigne Marie-Laure. Comme elle, une quarantaine de personnes avaient bravé le froid et la pluie pour venir protester, coquelicots sur la poitrine.

Le badge coquelicot, emblème du mouvement.

Se réunir tous les premiers vendredis du mois

« On se retrouve tous les premiers vendredis du mois. Ce soir, c’est le deuxième rendez-vous, mais ce n’est pas une manifestation mais un rassemblement », insiste Bernard, l’un des leaders du mouvement « nous voulons des coquelicots » à Aix. « Il ne s’agit pas de crier ni de casser mais de parler. Il faut créer un mouvement de foule pour attirer les gens et les inciter à signer la pétition». L’objectif est d’atteindre les 5 millions de signatures. Les avancées de la pétition peuvent être visibles sur le site internet du mouvement. « Il faut réussir à atteindre trois niveaux différents : d’abord le gouvernement et les lobbys, puis ceux qui utilisent les pesticides. Enfin, il faut toucher les consommateurs évidemment ».

Même si, comme l’explique Bernard, « on remarque un éveil des gens pour tout ce qui concerne le bio depuis quelques temps», les passants restent très sceptiques. Une Aixoise s’est arrêtée en vélo pour prendre des flyers. Avec véhémence, elle accuse le mouvement de n’être que « pour les gens fortunés qui n’ont plus rien à faire de leurs journées ». Malgré ce genre de discours, il faut rester optimiste. « Nous étions seulement 17 lors de la première réunion. Ce soir nous sommes pratiquement cinquante », avance Roger. « Il faut s’engager sur le long terme. Est-ce que nous allons devoir vivre demain dans un monde sans oiseaux ? Sans papillons ? Les pesticides sont partout. C’est en partie à cause d’eux que plusieurs espèces ne sont plus sur la terre».

La pancarte avec le logo du mouvement et le nom du site internet pour signer la pétition.

 

Où sont les jeunes ?

Ce qui se révélait toutefois marquant le soir de l’événement était le manque de jeunes gens. Si deux femmes de 25 ans se distinguaient de la foule avec leurs badges faits maison et leur énergie, elles demeuraient les seules à représenter cette génération. « Pourtant c’est le combat qui devrait être celui des jeunes », déplore Evelyne. Pourtant, le groupe de militants aixois n’est pas en manque d’idées pour toucher tous les publics. « Nous avons élaboré un outil spécial pour rendre la communication plus ludique », plaisante Bernard, mais tout de même assez fier. «Le projet a été repris par 42 villes dont certaines plus grandes qu’Aix ». Cette merveille de communication n’est autre que la cocotte en papier de notre enfance ! A l’aide d’une série de pliages qui rappellent les ateliers d’art plastique de l’école primaire, on construit la fameuse cocotte engagée contre les pesticides : « on choisit un numéro puis une couleur. On tombe ensuite sur un mot clé comme «aliments » et on lit le petit texte qui l’accompagne ». Si vous voulez jouer aussi, rendez-vous le vendredi 7 décembre à 18h30 place de l’Hôtel de Ville.

 

Megan Arnaud

 

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